De l’envie à la feuille de route
Première étape déterminante : définir un projet réalisable, et étudié jusque dans les moindres détails, pour pouvoir présenter un dossier " bétonné " à de potentiels parrains financiers.
Tout commence par une envie, une idée au début plutôt vague. Seul ou à plusieurs, on se dit qu'on aimerait partir quelque temps à l'étranger, faire une action concrète pour voyager " utile ". Une fois cette idée bien ancrée, il faut établir les contours d'un projet vraiment précis. Où sera-t-il exécuté ? Quel sera son but : humanitaire, sportif, documentaire, écolo ? En quoi consistera-t-il ? Combien de temps sera nécessaire ? Il faut à la fois prendre en compte ses envies, ses compétences (qu'est-ce que l'on pourra apporter sur place ?), mais aussi les besoins locaux.
La mission " Match ù Pitchoune Sport " a consisté à rénover et développer les infrastructures sportives de deux écoles de Tarapoto, au Pérou. Tristan raconte comment, avec Fabien et Émilie, ils ont progressivement défini leur projet : " L'idée est venue un peu par hasard. J'étais chez Fabien, un soir. Je terminais mon stage de fin d'études, et j'ai balancé en rigolant que je partirais bien monter un projet humanitaire. Il m'a dit pourquoi pas, moi je suis en année de césure. On a réfléchi chacun de son côté, puis on a commencé à mettre des choses sur le papier. On a fait un bilan de ce qu'on savait faire et de ce qu'on pourrait éventuellement apporter, et comme on adorait le sport, on s'est dit qu'on allait axer notre projet dessus, puisque c'est la seule chose qu'on sait vraiment faire. On a pensé à une intervention en milieu scolaire, pour toucher des enfants. Pour le pays, on avait déjà l'idée de partir en Amérique latine, dans un pays parlant espagnol. Le Pérou s'est défini parce qu'une bonne amie en rentrait : elle était partie avec une association et elle nous a dit qu'ils pourraient peut-être nous aider.
Il est parfois utile de prendre exemple sur ce qui s'est déjà fait : l'expérience et les conseils de personnes qui ont déjà mené un projet similaire peuvent s'avérer précieux.
Côté méthodologie pratique, ne pas hésiter à tout noter : ses idées, ses atouts, ses lacunes, etc. ; cela aide à faire le bilan des points forts du projet, et de ceux pour lesquels il faudra trouver de l'aide. Commencer à prendre contact avec des personnes qui pourront servir de relais sur place. Lorsque l'on est plusieurs, il faut répartir les rôles : qui s'occupera de la recherche de partenaires financiers, de la communication, des photos ou des articles, de la création éventuelle d'un site internet, etc. ? On peut aussi choisir de monter sa propre association pour mener à bien le projet, mais attention à peser le pour et le contre, en fonction notamment des aides financières auxquelles on prétend. Certaines bourses, comme celles de Zellidja, sont uniquement accordées pour des voyages en solitaire ; d'autres au contraire s'adressent exclusivement à des associations : c'est le cas des Dotations des Solidarités Nord-Sud.
Enfin, le détail qui fait la différence : donner un nom à son projet ! C'est ce nom qui en sera la vitrine, qui le rendra facilement reconnaissable et qui résonnera le mieux aux oreilles des " acheteurs " potentiels. Faire confectionner des cartes de visite à ce nom, même un simple bout de carton avec des coordonnées en noir et blanc, ça fait plus " pro ". Ne pas hésiter à les distribuer !
Quels sont les projets qui ont le plus de chance d'attirer l'attention ? Pour obtenir une bourse de voyage, la concurrence est souvent rude. À titre d'exemple, la mairie de Paris retient un dossier sur quinze en moyenne. Pour sortir du lot, il faut non seulement présenter un projet réalisable, mais aussi original, innovant, utile. L'association de plusieurs profils (projet à la fois documentaire et humanitaire, sportif et scientifique…) peut être un plus. Certaines bourses, qui encouragent la vocation, sont attribuées de préférence à des projets qui seront le point de départ d'une action à plus long terme : création d'une association, insertion dans un domaine professionnel. Mais la meilleure recette reste une motivation à toute épreuve !
Une fois son projet précisément défini, que l'on choisisse d'aller tourner un documentaire sur les rites funéraires des Tingassoba en pays Mossi au Burkina Faso, de traverser l'Amérique du Sud au Nord à vélo ou bien de construire une école au Népal, il va falloir passer à l'attaque, pour convaincre des parrains potentiels. Trois chantiers vont alors devoir être menés en parallèle : la rédaction d'un dossier de présentation, la recherche de sponsors et la demande de bourses.
Attention !Une grande partie des bourses de voyages accordées par certains organismes ne s’appliquent pas lorsqu’il s’agit d’un stage qui valide un cursus. Il faut donc se positionner sur ce point rapidement. Mais il y a tout de même des pistes autres !
